CAT EXTERIOR,  PREMSA INTERNACIONAL

La vérité sur l’imam de Ripoll (4). Público

Público

Le CNI voulait placer l’imam à Barcelone mais le chef local a refusé le contrôle depuis Madrid

Article traduït per una companya de MadridDerechoDecidir @MadriDecidirCAT

Après avoir évité son expulsion d’Espagne, les services secrets ont eu un conflit avec le chef de secteur de la capitale catalane car il n’acceptait pas de l’avoir comme informateur infiltré dans la ville mais en même temps dirigé directement depuis le siège de Madrid. Le CNI a finalement décidé de le placer dans la comarque de Girona, dont le responsable a accepté de céder le contrôle.

Début du rapport réservé du CNI à propos des connexions d’Es-Satty avec le noyeau djihadiste le plus important d’Europe, en Belgique. Nous avons noirci les données protégées par la loi.

Dans le chapitre précédent de cette série exclusive, nous avons expliqué comment un juge avait été convaincu de révoquer l’expulsion d’Abdelbaki Es- Satty, l’imam de Ripoll, chef de la cellule djihadiste qui a perpétré le massacre de Barcelone, en présentant un historique professionnel présumé en Espagne ainsi qu’un contrat de travail. Cependant, le Centre national de renseignements (CNI) a tout d’abord dû lui trouver un poste de prédicateur à partir duquel il pourrait s’infiltrer dans les réseaux du terrorisme islamiste. Le CNI l’avait déjà recruté en tant qu’informateur au début de l’année 2014, juste avant de purger sa peine pour trafic de drogue.

D’après les sources de renseignements consultées par Público (leur anonymat devant être préservé) tout au long de l’année d’enquête journalistique, les services secrets espagnols ont d’abord tenté de placer Es-Satty dans une mosquée de Barcelone. Cependant, ils ont rencontré la résistance du chef du CNI de cette comarque à l’époque, car il était prévu que l’imam soit contrôlé directement depuis Madrid. Ceci étant un risque dans une grande ville qui abrite un réseau complexe de groupes islamistes et qui fait de Barcelone le centre des réseaux djihadistes de l’Europe méditerranéenne.

Par conséquent, le chef du CNI à Barcelone a refusé catégoriquement d’accepter cette opération, à moins qu’il ne la contrôle lui personnellement, et ce pour éviter tout conflit avec un commandement important du CNI. La Direction du service de renseignements a donc cherché une autre comarque où placer Es-Satty, puisqu’elle avait l’intention de l’infiltrer dans des réseaux salafistes européens en profitant de ses contacts djihadistes précédents à l’intérieur et à l’extérieur de la prison. Dans cette recherche d’emploi pour l’imam, on lui a trouvé un poste vacant dans l’oratoire de Ripoll et dans ce cas, le délégué du CNI dans la comarque de Girona, d’un rang bien inférieur à celui de Barcelone, a accepté de céder le contrôle à la direction nationale d’espionnage.

Un informateur musulman important du CNI à Girona, identifié par les sources protégées de ce journal mais dont le nom ne peut être diffusé pour ne pas les impliquer, a soutenu Es-Satty face à la communauté islamique de Ripoll. De plus, comme il ne pouvait rester aucune trace de sa longue histoire de relations avérées avec des groupes djihadistes, ces données ont été retirées des archives de la police, au cas où la communauté islamique locale demanderait une révision de son passé. Cela explique pourquoi elles n’étaient pas accessibles lorsque les Mossos les ont cherchées dans les bases de données l’année suivante.

Un informateur musulman important des renseignements à Girona a soutenu Es Satty face à la communauté islamique de Ripoll

La preuve que cet informateur musulman du CNI était au courant de toute l’opération secrète a été trouvée à côté du meurtrier de Las Ramblas, Younes Abouyaaqoub, après avoir été abattu par les Mossos dans le Penedès. Les Mossos craignaient que le gilet explosif qu’il portait de manière ostentatoire était chargé mais en fait il ne l’était pas car tout le TATP (trioxyde de triacétone, surnomé “mère de Satan” par les djihadistes) que les terroristes avaient fabriqué, avait explosé dans le chalet d’Alcanar où l’imam de Ripoll était mort.

La police régionale a trouvé un téléphone portable dans le corps de Younes. Et c’est précisément l’informateur qui avait présenté Es-Satty à la communauté musulmane de Ripoll celui qui avait le plus appelé à ce numéro lors de la longue fuite à pied du meurtrier de Las Ramblas dans le massif du Garraf.

Infiltré dans les mosquées djihadistes de Belgique

Quoi qu’il en soit, après avoir obtenu le poste d’imam dans un premier oratoire de Ripoll, qui a fermé en raison de problèmes économiques, par la suite, il a commencé à prêcher dans un deuxième oratoire de la même ville. Es-Satty a déployé une activité internationale importante, en profitant de ses contacts djihadistes, pour ensuite s’établir en Belgique pendant une courte période, tel qu’indiqué dans le rapport confidentiel du CNI intitulé “CONNEXIONS DE MEMBRES DE LA CELLULE TERRORISTE EN DEHORS DE L’ESPAGNE” (voir reproduction en début d’article) :

LIENS D’ABDELBAKI ES-SATTY EN BELGIQUE

Entre janvier et avril 2016, Abdelbaky es-Satty s’est rendu en Belgique afin de travailler en tant qu’imam dans la mosquée Youssef, située dans la ville de Diegem, au nord-est de Bruxelles.

Le président de cette mosquée, Souliman Aquichouh (Akaychouch), utilisateur des téléphones 322XXXXXXXX et 324XXXXXXXX, avait fait la demande de reconnaissance officielle de la mosquée auprès des autorités belges. La demande ayant été refusée, Es-Satty ne pouvait pas exercer en tant qu’imam.

Pendant son séjour et concernant la mosquée Youssef en Belgique, Es-Satty avait demandé à son président de lui permettre d’enseigner la religion aux enfants, mais cela n’a pas été possible car elle n’était fréquentée que par des adultes.

Abdelbaky es-Satty est lié à plusieurs membres de la famille Aquichouch, d’origine marocaine et d’idéologie radicale, qui occupent des postes de responsabilité dans plusieurs mosquées situées au nord-est de Bruxelles, toutes extrémistes.

Ci-après le rapport du CNI qui dresse une liste exhaustive des membres de la famille Aquichouh et de nombreux autres dirigeants salafistes des mosquées Youssef de Diegem; Ennasr de Vilvoorde et Islah de Zaventem, avec leurs numéros de téléphone, mels et identifiants Facebook. Il est plus qu’évident qu’Es-Satty “est lié” au centre du djihadisme en Europe. Nous avons écrit le verbe entre guillemets au présent car il s’agit d’un rapport rédigé bien après les attentats, alors qu’Es Satty était mort depuis longtemps, mais il semble copié d’un texte écrit quand il était vivant et actif :

Les vols d’Es-Satty réservés par des djihadistes belges

LA VERDAD SOBRE EL IMÁN DE RIPOLL_Part 4_2
Fin du rapport réservé du CNI à propos des connexions d’Es Satty avec le noyau djihadiste le plus important d´Europe, en Belgique. Nous avons noirci les données protégées par la loi.

En revanche, à la fin du rapport, qui se trouve sur cette dernière image, le passé des verbes “utilisé” et “effectué” est employé pour des actes spécifiques exécutés à une date précise :

Autres membres de cette mosquée et en connexion avec la famille Aquichouh :

Mohamed Aquichouh (20.06.1976), qui réserve deux vols pour Es-Satty :

  • 31.01.2016 Anvers-Barcelone.
  • 03.02.2016 Barcelone-Anvers.

Pour réserver les vols, on a utilisé le numéro de téléphone 324XXXXXXXX et l’adresse mail [email protected] Mohamed utilise les numéros de téléphone 324XXXXXXXX y 324XXXXXXXX.

Hayat Aquichouh, mariée avec Abdelkarim Aaissi (19.07.1967). Ce dernier a réservé le vol pour Es-Satty : 13.04.2016 Bruxelles-Barcelone depuis le téléphone 324XXXXXXXX.

Quoi qu’il en soit, il est évident qu’en début d’année 2016, alors qu’Es-Satty jouait le rôle d’imam à Ripoll – louant la doctrine salafiste incendiaire qui a radicalisé ses jeunes disciples – il entretenait des relations étroites avec le djihadisme le plus extrême d’Europe, sans que les services secrets espagnols en avertissent les Mossos d’Esquadra.

Interrogé par un collègue belge, un sergent des Mossos n’a trouvé aucune trace du djihadisme d’Es-Satty dans la base de données de la police.

On ne peut pas invoquer que les services secrets espagnols ont découvert tout cela plus tard à travers les informations des forces de sécurité belges puisqu’en janvier 2016, un inspecteur de police locale de Vilvorde a envoyé un courrier électronique à un sergent des Mossos lui demandant des informations sur Es- Satty. L’inspecteur et le sergent s’étaient connus personnellement lors d’une conférence sur le salafisme. Le sergent catalan n’a pas trouvé d’antécédents de tendances djihadistes de l’imam dans la base de données et ce, malgré la longue trajectoire policière et judiciaire en rapport avec l’extrémisme islamiste d’Es-Satty.

Pourquoi les Mossos d’Esquadra n’ont-ils pas été tenus au courant d’une menace terroriste claire et imminente en Catalogne?

La question est évidente : si le CNI avait mis sous écoute ces téléphones, comment est-il possible qu’ils n’aient pas détecté les recherches effectuées sur Internet et qui annonçaient clairement qu’ils allaient commettre un attentat? Le programme SITEL, utilisé pour mettre sous écoute, pourrait poser des problèmes lors de la recherche de pages Web avec sécurité SSL sur Internet, mais les recherches sur Google, Bing ou tout autre moteur de recherche de ce type n’ont pas de sécurité initiale ajoutée et sont donc parfaitement lisibles à travers ce logiciel.

Trop de questions vitales sans réponses. Du moins en l’honneur et le respect des victimes du terrorisme djihadiste qui a terriblement choqué Barcelone et Cambrils.


Article traduït per una companya de MadridDerechoDecidir @MadriDecidirCAT


Original: Público @publico_es

https://www.publico.es/politica/iman-ripoll-4-exclusiva-cni-quiso-poner-iman-barcelona-jefe-local-nego-controlara-madrid.html?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=publico

Autor:  CARLOS ENRIQUE BAYO @tableroglobal
Publicat el 18 de juliol de 2019




 

Catalana. Londinenca. Republicana. Llicenciada en Filologia Anglogermànica. Traductora i correctora. Estimo les llengües i els llibres. Estimo la meva terra, Catalunya

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