LA VERDAD SOBRE EL IMÁN DE RIPOLL_1
CAT EXTERIOR,  PREMSA INTERNACIONAL

La vérité sur l’imam de Ripoll (1). Público

Público

Le cerveau du massacre de Las Ramblas a été informateur du CNI jusqu’au jour de l’attentat

Article traduït per Carles (@Cjaumev). Revisat per Madrid Derecho Decidir (@MadriDecidirCAT)

Après un an d’enquête, le journal “Público” a recueilli des sources de renseignements, des documents confidentiels et des données extraites des enquêtes sur les attentats terroristes commis à Barcelone et à Cambrils par la cellule djihadiste dirigée par Abdelbaki es Satty. Público est en mesure d’affirmer que cet imam de Ripoll était toujours considéré informateur des services secrets espagnols le jour où son disciple Younes Abouyaaqoub a assassiné 13 personnes il y a deux ans.

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Rapport de voyage classifié des services secrets à partir de fin 2016 sur les voyages en Europe des auteurs des attentats de Barcelone et de Cambrils.

Ben Laden a conçu un système de communication indétectable connu sous le nom de “boîte mail morte”. Les services de renseignement l’ont adopté comme outil pour communiquer avec leurs informateurs infiltrés. Cette méthode de transmission, qui ne peut être interceptée parce que rien n’est réellement envoyé, est celle utilisée par le Centre de renseignement espagnol (CNI) pour communiquer avec son informateur le plus secret : l’imam de Ripoll, Abdelbaki es Satty, chef des terroristes qui ont commis le massacre de Las Ramblas à Barcelone il y a deux ans.

Plus encore, ce “courrier mort” (ainsi également désigné par les espions) a été actif pendant au moins deux mois avant l’attentat de Las Ramblas qui a causé la mort de 13 personnes, dont Javi Martínez, âgé de 3 ans, et plus d’une centaine de blessés. Público a pu vérifier ce fait après avoir eu accès aux captures d’écran de ce compte secret Gmail : [email protected]

Mot de passe manuscrit entre les restes d’Alcanar

Le mot de passe “boîte mail morte” était écrit à la main sur un papier trouvé parmi les restes du chalet abandonné d’Alcanar (à Tarragone, près de la frontière avec Castellón), où les terroristes ont stocké de grandes quantités d’explosifs et qui a explosé en mille morceaux le 16 août 2017, démembrant Es Satty lui-même et un de ses complices, Youssef AAlla.

Sur ce morceau de papier figurait ce qui semblait être un mot de passe : PEREJUAN18, et ce à côté de l’adresse de la boîte mail secrète. Cela s’est confirmé lorsque les enquêteurs ont accédé à ce courrier électronique et ont extrait les informations suivantes, après avoir demandé l’autorisation pertinente auprès de l’autorité judiciaire :

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Date de la dernière modification du mot de passe “boîte mail morte” utilisé par le CNI pour communiquer avec l’imam de Ripoll, Abdelbaki Es Satty.

Tel que présagé, ce compte contenait des messages brouillon non envoyés. Voici comment fonctionne le système de courrier mort : on crée un nouveau compte de courrier électronique sur n’importe quelle plate-forme publique -Gmail, Hotmail ou autre- sans jamais l’utiliser pour envoyer ou recevoir des messages. Ceux qui connaissent le nom d’utilisateur et le mot de passe se limitent à écrire des brouillons et à les laisser dans le dossier brouillons, en attente d’envoi. L’interlocuteur accède alors au compte et peut voir ce qui est écrit, en répondant par la même méthode.

Comme il n’y a jamais de transmission de données sur le réseau, ce système est impossible d’être intercepté car aucun signal de cette activité n’est enregistré sur Internet, sauf pour ceux qui savent au préalable que cet utilisateur – toujours identifié par des noms anodins – intéresse, et si en plus ils ont le mot de passe choisi par celui qui l’a créé. Ce mot de passe n’est même pas enregistré par l’administrateur du serveur de la messagerie.

De plus, on peut ajouter une deuxième couche de protection avec vérification en deux étapes, qui envoie un code unique au téléphone préétabli à introduire à chaque fois que l’on se connecte. Ainsi, même si quelqu’un réussissait à pirater le mot de passe, il ne pourrait pas accéder au compte à moins qu’il ne connaisse le téléphone correspondant.

En tout cas, les enquêteurs de la police ont confirmé que [email protected] était une adresse mail sans données personnelles associées, dont la dernière modification de mot de passe remonte au 14 mars 2017, et que celle-ci possédait toutes les caractéristiques de la technique de la “boîte mail morte” utilisée dans le monde de l’espionnage et qui est également reprise dans plusieurs manuels terroristes d’Al-Qaida accessibles sur Internet.

Les deux messages brouillons de la boîte mail morte d’Es Satty

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Capture d’écran des deux brouillons de la boîte mail morte d’Es Satty où son gestionnaire CNI lui demande de se rapporter.

Comme on peut le constater sur la première image de cet article, une personne maîtrisant parfaitement l’espagnol a écrit le 24 mai 2017 :

« JE VOIS QUE TU AS ÉTÉ EN MESURE D’ACCÉDER, TU N’AS QU’À ÉCRIRE UN MESSAGE COMME CELUI-CI COMME BROUILLON ET JE VAIS LE LIRE. TU PEUX COMMENCER À ÉCRIRE DES CHOSES MAINTENANT. MERCI MON AMI ».

Plus tard, le 19 juin 2017, cette même personne écrit :

« TU N’AS RIEN À M’ÉCRIRE OU TU NE PEUX PAS LE FAIRE. AUJOURD’HUI, C’EST LUNDI 19 JUIN ».

Les enquêteurs qui découvrent ces messages n’ont aucun doute que le contrôleur d’Es Satty (au CNI) avait créé un compte mail pour communiquer avec lui, où l’imam de Ripoll pouvait partager les informations obtenues. Dans le courrier du 24 mai, le contrôleur observe comment Es Satty est déjà entré sur le compte mail, lui écrit une sorte de message de bienvenue, et lui demande d’écrire ce qu’il veut dans le dossier « brouillons ».

Ensuite, le 19 juin, en absence d’informations de son confident, le contrôleur lui demande s’il n’a rien écrit parce qu’il n’a pas pu ou parce qu’il n’a rien à lui dire. Mais ce qui est vraiment significatif c’est que ce dernier courriel, celui du 19 juin, date de moins de deux mois avant les attentats de Barcelone et de Cambrils, alors que la cellule djihadiste de Ripoll avait déjà commencé à préparer des actions terroristes, aussi bien dans la recherche de cibles que dans l’approvisionnement des moyens qu’ils allaient utiliser pour les attentats.

Younes et Aalla ont passé des “mois” à fabriquer des bombes

De fait, lors des interrogatoires du seul survivant de la grande déflagration d’Alcanar (Mohamed Houli Chemlal), rendus compte dans le dossier de l’enquête auquel Público a également eu accès, celui-ci affirme que Younes Abouyaaqoub, le tueur de Las Ramblas, et Aalla fabriquaient des explosifs depuis “des mois” (feuilles 188 et 189) :

2 – Mohamed HICHAMY, Younes ABOUYAAQOUB et Youseef AALLA ont fabriqué des explosifs. D’après la déclaration de Mohamed HOULI CHEMLAL, concrètement, ils fabriquaient des bombes à pipes et Mohamed HICHAMY introduisait de petites boîtes de vis comme mitraille.

3 – Mohamed HICHAMY disposait d’une boîte pleine de plaques métalliques de différentes tailles et de différentes formes géométriques et coupantes pour servir comme mitraille à l’intérieur des camionnettes, ce qui a été prouvé après la pratique de la diligence d’entrée et de fouille de son domicile (INDICE A-10).

Mais ce journal a également pu voir les rapports confidentiels que le CNI a fournis à l’équipe d’enquêteurs des attentats, où sont minutieusement détaillés les voyages effectués par ces mêmes terroristes six mois auparavant :

Le CNI connaissait les plans des terroristes lors de leurs voyages

Le voyage de Hichamy et Aalla en Suisse et en Allemagne (Bâle, Fribourg-en-Brisgau et Zurich) du 18 au 20 décembre 2016, ainsi que celui d’Abouyaaqoub, Aalla et Hichamy en France et en Belgique (Paris et Bruxelles) du 25 au 28 de ce mois, cette fois avec la même Audi A-3 (immatriculation 9676BHF) qui sera utilisée plus tard pour l’attentat des Cambrils :

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Rapport réservé des services secrets sur les voyages en Europe, fin 2016, des auteurs des attentats de Barcelone et Cambrils.

Comme on peut le voir sur cette dernière image, les agents du CNI ont suivi attentivement tous les mouvements, à travers quatre pays, des trois jeunes hommes qui ont fabriqué les engins explosifs à Alcanar. Et non seulement en contrôlant leurs itinéraires et moyens de déplacement, mais en connaissant même leurs plans à l’avance :

« Le but de ce voyage était que Mohamed Hichamy achète une Subaru Impreza d’occasion à Fribourg, ce qui ne s’est finalement pas produit. »

Il est évident que le CNI savait ce que ces terroristes avaient l’intention de faire – mais ils n’y sont pas parvenus – parce qu’il était à l’écoute de ce qu’ils se disaient, puisqu’il est également capable de pointer les numéros de téléphone mobile des trois terroristes et de préciser :

« En n’achetant pas la voiture, ils se voient obligés de chercher un moyen de transport pour le retour. Mohamed Hichamy a donc contacté Younes Abouyaaqoub et lui a demandé de leur réserver le vol retour (Zurich-Barcelone le 20.12.2016) ».

Comment est-il possible que les services secrets espagnols soient au courant de tous ces détails, y compris les conversations entre terroristes au sujet de leurs projets et objectifs, mais qu’ils ne mettent pas fin à ces activités de préparation des attentats ? De plus, les services secrets sont conscients de leur trafic routier continu entre Ripoll, où Es Satty prononçait des sermons islamistes incendiaires dans la mosquée, et Alcanar, où ils ont fabriqué les explosifs et construit les bombes (nous avons marqué certains mots en gras et souligné d’autres) :

« Ils utilisent l’Audi A3 employée dans l’attentat de Cambrils et fréquemment utilisée par les membres de la cellule pour leurs déplacements entre Ripoll et Alcanar. »

« Pour ce transfert, ils utilisent le véhicule utilisé pour l’attentat de Cambrils (Audi A3 immatriculé 9676BHF) dont le titulaire est Mohamed Aalla, mais utilisé fréquemment par plusieurs membres de la cellule pour leurs déplacements entre Ripoll et Alcanar. »

Mais ce n’est pas tout, car Público sait que les services secrets espagnols ont continué à surveiller et à contrôler les terroristes jusqu’au jour-même de l’attentat de Las Ramblas, étant donné que ce n’est que le lendemain du massacre que le dossier d’Es Satty a été effacé du registre central des sources du CNI.

Et ce journal est en possession de bien d’autres preuves qui soutiennent et accréditent le titre de cette première chronique de notre exclusivité, celles-ci méritant d’un autre article demain.

À SUIVRE …


Article traduït per Carles (@Cjaumev). Revisat per Madrid Derecho Decidir (@MadriDecidirCAT)


Original: Público @publico_es

https://www.publico.es/politica/exclusiva-iman-ripoll-1-cerebro-masacre-ramblas-confidente-cni-dia-atentado.html

Autor: CARLOS ENRIQUE BAYO @tableroglobal
Publicat el15 de juliol de 2019




 

Catalana. Londinenca. Republicana. Llicenciada en Filologia Anglogermànica. Traductora i correctora. Estimo les llengües i els llibres. Estimo la meva terra, Catalunya

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